Coopération algéro-américaine dans le domaine sécuritaire

Ouverture imminente d’une antenne du FBI à Alger

El Watan 03/11/2007

Une antenne du Bureau fédéral d’investigation (FBI) sera ouverte incessamment à l’ambassade des Etats-Unis à Alger, a-t-on appris auprès de celle-ci.

Une délégation de ce service a séjourné dans notre pays pour opérer les dernières retouches, avant de rejoindre Paris, capitale française, où un représentant permanent siège à l’ambassade US dans ce pays. Selon la source diplomatique, les membres du nouveau bureau du FBI sont déjà désignés et devront être installés dans les jours qui viennent. « Leur mission reste très variée, mais elle sera axée principalement sur la lutte antiterroriste et la criminalité organisée, ces nouveaux défis qui menacent la communauté internationale et qui ne peuvent être combattus que dans le cadre de la coopération internationale », a déclaré notre source.

Pour notre source, les représentants du FBI auront à répondre aux mêmes préoccupations de leurs collègues aux USA. « Ils peuvent être appelés à mener des enquêtes sur des personnes recherchées par le FBI et qui pourraient trouver refuge en Algérie, ou encore aider l’Algérie à repérer des criminels ou des terroristes réfugiés ailleurs. Il est question aussi d’assister leurs homologues algériens par des cycles de formation », a précisé la source diplomatique. Ce bureau est le premier du genre au Magheb. Il est le fruit de plus de près de sept années de coopération avec les services algériens. Tissée dans le secret le plus total, cette relation s’est intensifiée depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York. De nombreuses délégations du FBI mais aussi de la CIA ont été dépêchées à Alger dans la discrétion la plus totale, notamment depuis 2002. En parallèle, une série de missions aussi bien d’officiers supérieurs du DRS aux Etats-Unis que de leurs homologues US en Algérie se sont succédé soit dans le cadre de l’échange de renseignements, soit dans le cadre de la formation.  Cette politique de coopération intense vise en réalité d’abord le démantèlement des réseaux terroristes qui pourraient menacer les intérêts des Américains mais aussi assurer une présence permanente dans des pays qui pourraient, selon le département américain rendu public en 2004, servir de refuge à leurs réseaux qu’ils soient actifs ou dormants.
C’est dans ce cadre d’ailleurs que le patron de la police, Ali Tounsi, s’est rendu du 7 au 14 août 2004 à Washington où il s’est entretenu avec des responsables du FBI.

Cette coopération est devenue incontournable d’autant que l’Algérie a été inscrite sur la liste des 35 pays dits « d’intérêt spécial » soit pour leur soutien au terrorisme ou pour le fait qu’ils soient confrontés au terrorisme comme c’est le cas de l’Algérie. Cette liste établie par le FBI comprend, en plus de l’Algérie, le Bahrein, le Bangladesh, Djibouti, l’Egypte, l’Erythrée, l’Indonésie, l’Iran, l’Irak, la Jordanie, le Kazakhstan, le Koweït, le Liban, la Libye, la Malaisie, la Mauritanie, le Maroc, la Corée du Nord, Oman, le Pakistan, les Philippines, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Somalie, le Soudan, la Syrie, le Tadjikistan, la Thaïlande, la Tunisie, la Turquie, le Turkménistan, les Emirats arabes unis, l’Ouzbékistan et le Yémen.
Dans la dernière liste des organisations terroristes qualifiées d’extrêmement dangereuses contre lesquelles les USA ont déclaré la guerre, figure le GSPC dont les activités sont très surveillées par les services américains, notamment dans le sud du pays où la crainte de transformer la région du Sahel en refuge semble justifier leur volonté à installer coûte que coûte une base militaire dans le Sahara. Ce que l’Algérie a refusé catégoriquement à travers des déclarations officielles. Pour les spécialistes, c’est cette intransigeance de l’Algérie mais également de nombreux pays africains à voir la machine militaire américaine débarquer sur leur sol à travers le siège de ce qui est appelé le Commandement africain (Africom) qui a fait reculer les responsables US pour réfléchir à une autre option. La formule des antennes du FBI dans les bureaux des ambassades semble la plus acceptable pour l’instant. Elle permet une accélération de l’échange d’informations dans le cadre de la coopération mais aussi d’être sur place pour avoir l’œil et l’oreil sur tout ce qui se passe dans le pays sans pour autant heurter les sensibilités de souveraineté des uns et des autres.

 

par Salima Tlemçani

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