78… tours et retour !

Nouvel album du groupe Syphax
78… tours et retour ! Ce retour sur la scène artistique s’est soldé par une conférence de presse tenue à Alger par les deux ex-leaders du groupe Les Abranis, en l’occurrence Samy et Châabane Abranis.

Une formation qu’ils ont quittée en 1978, suite à des divergences de vue. Installés en France depuis plus de quatre décennies, les deux artistes ont présenté leur premier album entièrement réalisé en 1978, mais dont la sortie ne s’est concrétisée qu’en juillet, suite à un litige avec un artiste. Les deux leaders du groupe Syphax se souviennent qu’ils avaient — il y a trente neuf ans — effectué un travail monstrueux mais hélas, leur 33 tours était resté inconnu. « Nous avons heureusement pu récupérer la matrice pour sortir le disque tel qu’il est aujourd’hui », explique Samy.

Ainsi, les éléments de Syphax, qui estiment qu’ils sont un produit du passé, sont déterminés à reconquérir le public national et international. D’une voix timide, Samy confie que l’enregistrement a nécessité huit heures de travail assidu. Les textes de l’album ont été remis au parfum du jour. On retrouve neuf titres de chansons, dont notamment : Thamaghra (la fête), Anta-Laïdh (Quel Aïd ?), Dhisine yidhesane (Tous les deux), Naïma, 1957, Ghourak in’aana (Notre esprit), Yidem (Avec toi), Anfassene (Laissez-les) et Kahina. Les mélomanes pourront savourer de nouvelles mélodies aux sons enivrants, des morceaux musicaux traitant de l’exil, de l’amour, de la jeunesse ou encore de la sagesse. Kahina est une histoire d’amour qui lève le voile sur la liberté perdue, une des valeurs essentielles de l’être humain. Ghourak in’aana ( Notre esprit) est une autre chanson mélancolique parlant des affres de la tristesse.
Chabane tient à expliquer que l’ensemble des thèmes traités il y a quelques années, sont toujours d’actualité. « Nous avons, dit-il, osé nous exprimer sur des sujets tabous. En témoignent les années 1970 où la société algérienne a traversé plusieurs crises. Une société qui demeure, de nos jours, repliée sur elle-même. La chanson Dhisine Yidsane (tous les deux) est un exemple concret. » Les amoureux de la musique berbère pourront ainsi découvrir que l’ensemble des chansons proposées dans cet album est perçu comme un refus culturel, « une affirmation de son identité face à un environnement oppressant, envahissant qui essaye d’imposer la sienne en comptant sur le facteur temps qui joue en sa faveur », tentent d’expliquer les deux musiciens. A la question de savoir si la musique berbère est en pleine expansion, les artistes estiment que cette musique est en pleine stagnation : « Il n’y a plus de création. C’est du folklore. Les producteurs doivent aider financièrement les artistes.

D’autre part, il n’y a pas de réels poètes. La plupart des chanteurs existants font simplement de l’animation dans des fêtes familiales. » S’78 est un album qui sera disponible dans les bacs chez les bons disquaires algériens d’ici une quinzaine de jours. En attendant, les quatre compagnons promettent à leurs fans la sortie de plusieurs autres albums. « Nous avons une réserve d’albums », nous lancent-ils sur un ton espiègle. Gageons que pour la promotion de leur album, le groupe Syphax se produira prochainement sur la scène algérienne.
 

par Nacima Chabani

El Watan 13/11/2007

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