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Moines de Tibhirine

Le juge français demande la levée du secret-défense

Nouvel emballement dans l’enquête sur l’assassinat des sept moines français du monastère de Tibhirine, officiellement enlevés et tués en Algérie par un groupe du GIA en 1996.

Chargé de cette affaire depuis 2007, suite au départ de Jean-Louis Brugyère du pôle antiterroriste, le juge d’instruction Marc Trévidic a saisi, il y a quelques jours, les ministères français des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur pour demander la levée du secret défense sur cette affaire qui empoisonne les relations entre Alger et Paris depuis plus de 13 ans. Selon des informations dans la presse française d’hier, Marc Trévidic a demandé à ces trois institutions de mettre à sa disposition les documents secrets qu’elles détiendraient éventuellement sur ce dossier.

Le juge souhaite donc prendre connaissance des rapports que François Buchwalter dit avoir remis aux autorités françaises à l’époque comme il souhaite accéder aux rapports rédigés éventuellement par le général Philippe Rondot, qui avait enquêté en Algérie sur l’affaire pour le compte de la DST. Selon les informations obtenues par El Watan, Marc Trévidic devrait en outre demander l’audition de nombreux responsables français mêlés de près à cette affaire, notamment l’ex-ambassadeur de France en Algérie, Michel Lévque (déjà entendu par Jean-Louis Brugyère), l’ancien patron de l’état-major des armées françaises, Jean-Phillipe Douin, le ministre de la Défense, Charles Millon, le général Phillipe Rondot (déjà auditionné), le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Hervé de Charrette, ainsi que d’autres témoins mêlés de près ou de loin à ce dossier. Selon des sources proches du dossier, le juge Trévédic se rendrait dans les prochaines semaines aux Pays-Bas pour auditionner Abdelkader Tigha. Ce dissident de l’armée et ex-sous-officier affecté à la brigade au Centre territorial de recherche et d’investigation (CTRI) de Blida soutient que si les moines ont été bel et bien enlevés par un groupe du GIA, en revanche ils auraient été par la suite capturés par un groupe qui aurait échappé au contrôle du GIA.

Deux autres anciens officiers de l’armée algérienne, Mohamed Samraoui, réfugié en Allemagne ainsi que le capitaine Ahmed Chouchane, réfugié en Angleterre, qui avaient également mis en cause les services algériens dans la mort des moines, pourraient être entendus à leur tour. La demande concerne également, selon l’AFP, les éléments dont pourraient disposer les autorités françaises et instamment le DST sur d’éventuels liens entre le Groupe islamique armé (GIA) qui avait revendiqué l’enlèvement et les services algériens. Alors que l’on croyait ce dossier clos, il a été relancé en juillet dernier grâce au témoignage de François Buchwalter, 65 ans, ex-attaché militaire à l’ambassade de France, à Alger de 1995 à 1998. Dans une déposition faite le 25 juin dernier devant le juge Trévédic, cet ancien officier de l’école militaire de Saint-Cyr, ex-officier au SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage), le contre-espionnage français, puis à la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), avait affirmé que les sept moines ont été tués suite à une bavure de l’armée algérienne. S’appuyant sur un témoignage fourni par un officier algérien reconverti en chef d’entreprise en Algérie et dont le frère exerçait comme pilote lors du prétendu raid aérien lancé contre les moines en 1996 , Buchwalter avait indiqué que les sept trappistes ont péri à la suite d’un bombardement de l’armée algérienne lancé sur un bivouac du GIA. La version du général a fait l’effet d’une déflagration médiaco-politique.

Témoignages contre témoignages, déclarations contre déclarations, l’affaire a connu un emballement au début de l’été dernier tant et si bien qu’elle aura obligé le président français, Nicolas Sarkozy, à s’exprimer officiellement sur le dossier. Sollicité en juillet dernier par les journalistes pour livrer son opinion sur les suites de l’enquête, Nicolas Sarkozy s’est engagé à lever le secret-défense entourant cette affaire. Côté algérien, l’affaire est entendue : bien qu’aucun responsable ne s’est exprimé sur cette affaire depuis les nouvelles révélations du général Buchwalter, on s’en tient à la version officielle des faits : les sept moines de Tibhirine ont été enlevés et tués par le GIA. Mais, faut-il rappeler, l’ancien attaché militaire à l’ambassade de France à Alger a été critiqué même par plusieurs responsables français et Hubert Vedrine, ministre des Affaires étrangères français à l’époque, Hervé Morin, l’actuel ministre de la Défense ont tous mis en cause la version de Buchwalter.

EL WATAN

 

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