Faut-il vraiment se taire devant ce qui se produit en Algérie ?

Finalement, Boudiaf avait raison quand il s’est consciencieusement interrogé sur le devenir de l’Algérie en posant sa fameuse question : Où va l’Algérie ?

 

Faut-il vraiment se taire devant ce qui se produit en Algérie ?Cette question est le résultat d’une pensée nationaliste émanant d’un des géants de la révolution algérienne. Des idées prémonitoires émaillent le livre de cet auteur qui a ouvertement déclaré que notre pays est géré plutôt usurpé par une sorte d’opportunistes prêts à même brader l’indépendance de ce pays. Cinquante-deux ans après que la force coloniale ait quitté notre territoire, le citoyen algérien geint toujours sous les fouettements d’une pauvreté polyvalente. La pauvreté matérielle et intellectuelle suivie d’une érosion sociale conséquence d’une politique de «désalgérianisation» sont mises en œuvre pour réussir dans la tâche de gouverner, voire régner sans partage en acculant tout un peuple à se muer en un cheptel humain. La gangrène spirituelle, qui a achevé le reste, s’est répandue à une cadence qui dépasse l’imaginaire et ce, en ciblant l’école de la république.

Un phénomène d’intégrisme non encore remédié présente notre pays comme étant l’un des plus dangereux à l’échelle planétaire, tandis que notre souveraineté souffre de manque d’égards de la part de ceux à qui incombe l’auguste devoir de l’entretenir. Ni l’insondable richesse émanant du pétrole n’a pu contrer les problèmes multidimensionnels de la nation, ni l’immensité de la surface n’a pu résoudre d’autres problèmes d’ordre économique. Rien n’y fait. Les détournements de l’argent public qui se commettent en pleine connaissance des commis de l’État et la flagrance d’une corruption qui ne cesse de ronger le pays ont fait de notre contrée une jungle où les loups sont les seigneurs intouchables détenant les rênes du pouvoir.

Nos universités, pourtant jadis constituaient un fief des prises de conscience, sont devenues des baraquements où pullulent la médiocrité et la bêtise. Le savoir qui s’y inculque n’a servi qu’à former des handicapés intellectuels en mal de maîtrise de langues. De la fièvre aphteuse qui sévit ces jours-ci en Algérie, aux frontières minées par le danger terroriste, la rentrée sociale consiste un autre risque de troubles devant l’entêtement des décideurs de répondre favorablement aux doléances socioprofessionnelles des différents secteurs que forme la fonction publique. Que chacun mette l’Algérie au-dessus de toute considération, que ceux qui nous gouvernent, penchent un peu sur les vrais soucis du peuple pour désamorcer cette crise qui reste susceptible d’ébranler notre république. Avant qu’il ne soit trop tard.

Chekri Rachid, enseignant-écrivain

Le Matin  

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