La présidente du conseil d’État, des ambassadeurs et des hauts cadres limogés

Bouteflika continue le ménage

La présidente du conseil d’État, des ambassadeurs et des hauts cadres limogés
Bouteflika continue le ménageLa décision la plus significative est celle concernant la présidente du Conseil d’État qui vient d’être remerciée après un règne de plus de 10 ans à la tête de cette institution névralgique.

Après le sacré coup de balai effectué, fin août,  au sein de l’institution présidentielle avec le remerciement d’une fournée de conseillers, dont le général-major Mohamed Touati, le chef de l’État a décidé de faire le ménage au sein de plusieurs ministères (Justice, Affaires étrangères, Enseignement supérieur, Habitat, Agriculture, Environnement, etc). Les décrets présidentiels entérinant ces décisions de limogeage sont publiées dans le Journal officiel n°50, rendu public jeudi. Ainsi, pas moins de six cadres du ministère des Affaires étrangères se sont vu désigner la porte de sortie aux côtés de deux ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires à Madagascar et auprès de l’ONU, à New York.
Mais la décision la plus significative est celle concernant la présidente du Conseil d’État qui vient d’être remerciée après un règne de plus de 10 ans à la tête de cette institution névralgique. Après une décennie de bons et loyaux services, Mme Henni se doit donc de remettre demain les clés de la maison à une autre femme, Mme Soumia Abdessadok, qui vient d’être nommée. Pour le moment, on ignore tout des raisons qui ont causé le départ de Mme Henni qui, pourtant, ne s’est jamais distinguée par un quelconque acte d’hostilité à l’encontre du chef de l’État ou faute grave.
Rien de tel n’a été, du moins, mis sur la place publique. C’était en 2004, dans le sillage de la féroce guerre de succession qui opposait alors Abdelaziz Bouteflika — il briguait alors un deuxième mandat — à son ancien chef de gouvernement Ali Benflis, qu’elle s’était vue propulsée à la tête du Conseil d’État, présidé jusqu’alors par Mme Farida Aberkane, l’épouse de l’ancien ministre de la Santé.
Cette dernière avait fait les frais de sa “non-coopération” dans le fameux dossier de l’invalidation du huitième congrès du Front de Libération nationale (FLN) décidée par la cour d'Alger, un épisode passé à la postérité et qui avait donné lieu au qualificatif peu élogieux de “justice de la nuit” accolé, depuis, à l’institution judiciaire.

La toute nouvelle présidente du Conseil d’État est un enfant de la maison. Elle y assurait la fonction de présidente de section, chargée du foncier administratif.  À coup sûr, ce changement à la tête d’une si importante institution de l’État ne manquera pas de donner cours à des interprétations et d’alimenter les spéculations les plus folles comme c’était le cas, fin août, avec le limogeage d’une dizaine de hauts gradés de l’ANP.

D’aucuns ne manqueront pas d’y voir une conséquence directe d’un conflit feutré entre différents cercles au sommet de l’État qui essaieraient d’accaparer un maximum de leviers de commande dans la perspective d’une succession qui n’a pas cessé de meubler le débat public mais qui peine à se dessiner. Après cette série de mises à l’écart ou d’admissions à la retraite, à qui le tour ?

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