Vastes changements à des postes clés dans les hôpitaux : 200 professeurs mis à la retraite

Des professeurs âgés de plus de 70 ans continuent de travailler et des dizaines de jeunes professeurs sont obligés de se plier à leur diktat. Ils auraient dû partir de leur propre chef pour continuer à jouir de leur prestige ", affirmait voilà plus de 6 mois un professeur en chirurgie.

La décision prise par le Premier ministre de mettre à la retraite les professeurs en médecine âgés de plus de 70 ans a été appliquée sans distinction. Ainsi, depuis le 1er septembre, plus de 200 professeurs touchés par la limite d'âge ont libéré les postes qui sont, depuis, occupés par les professeurs qui ont passé avec succès les épreuves du concours de chefferie de service organisé avant l'été. C'est une véritable révolution dans les centres hospitalo-universitaires (CHU). Jamais une opération d'une telle ampleur n'a eu lieu dans ces établissements de soins de haut niveau et de formation des médecins. Le statut particulier des CHU a permis en effet l'émergence d'une élite qui avait mis des services de santé sous leur chape. C'est du moins ce que n'ont cessé de dénoncer les professeurs en titre mais sans chefferie de service. " Mais c'est inimaginable ce qui se passe en Algérie. De grands changements ont eu lieu dans les hôpitaux, les centres hospitalo-universitaires et les directions de la Santé et de la Population de wilaya, en ce début du mois de septembre. En fin de compte et malgré une véritable levée de boucliers.
Pour leur part, les professeurs touchés par la décision prise par le Premier ministre ne voient pas les choses sous le même angle. Pour eux, un professeur en médecine est avant tout un scientifique qui a fait ses preuves. Aux jeunes loups qui les accusent d'être devenus des mandarins, ils répondent : " le serment d'Hippocrate oblige tous les praticiens au respect de leurs aînés qui les ont formés ". Ils se présentent comme des amoureux du métier qu'ils ont choisi. Ils rappellent que, dans le domaine scientifique et spécialement quand il s'agit de médecine, l'expérience est importante. " Je ne vois pas pourquoi on veut nous mettre au placard du jour au lendemain comme si nous étions des malpropres. Je pense que les hommes politiques qui donnent des leçons doivent donner eux-mêmes l'exemple. Gérer un pays c'est de loin plus difficile que de s'occuper d'un service de médecine où nous sommes secondés par plusieurs médecins. Alors que le monde évolue, des septuagénaires et même des octogénaires sont aux commandes au sommet de l'Etat et ils osent s'attaquer à des personnes qui occupent des postes auxquels ils sont parvenus grâce à leur sacrifice et leur abnégation dans le travail ", dira un professeur de renom qui vient de partir à la retraite contre son gré. Ces professeurs concernés par le départ en retraite rappellent que, durant les moments difficiles, ils n'ont pas quitté le pays et qu'ils ont été toujours présents lors des catastrophes qui ont ébranlé l'Algérie.

Dans le sillage de ce mouvement, plusieurs CHU, hôpitaux et directions de Santé, à travers les wilayas, ont connu des changements. Cette fois, c'est le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, qui a initié cette action. Lors de la visite qu'il a effectuée aux hôpitaux de Zemirli, à El Harrach, et de Béni Messous, le ministre a promis de grands changements dans le secteur. Il a affiché sa volonté pour lutter contre tout ce qui bloque le développement de ce secteur et notamment la bureaucratie. Quant à la pénurie des paramédicaux, il a promis le recrutement de 8000 agents actuellement en formation.

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