L’Algérie classée destination à risques

A quoi joue la France ?

La France vient d’établir une liste de 40 pays, dont l’Algérie, où il est déconseillé de se rendre. Cette duplicité dans les rapports met en ligne une crise qui révèle l’hypocrisie de l’Hexagone envers l’Algérie.

Le dernier communiqué du Quai d’Orsay signale que la liste des 40 pays comprend des pays d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient.

Le conseil de « plus grande vigilance » du ministère des Affaires étrangères pour les voyageurs français a été étendu jeudi dernier d’une trentaine à une quarantaine de pays.

« Aujourd’hui, nous avons étendu l’appel à une dizaine de pays de plus », a révélé Didier Le Bret, patron du centre de crise du ministère. Une décision qui fait suite au conseil de défense qui se tenait jeudi à Paris, après l’exécution de l’otage français Hervé Gourdel en Algérie par un groupe proche de Daech. Mais inclure l’Algérie comme un pays à risque d’attentats djihadistes, c’est méconnaître la réalité d’un pays et également un retournement de situation envers un discours qui tente de déstabiliser les rapports algéro-français.

S’il faut reconnaître que certains de ces pays qui sont déchirés par des conflits meurtriers et une instabilité de leurs institutions, replacer l’Algérie à côté des pays du Sahel ou de la Corne de l’Afrique, est vu par les observateurs comme une décision sans justificatif réel sur la situation sécuritaire en Algérie. Il y a juste quelques jours, le ministre français des AE, Laurent Fabius avait déclaré « qu’il avait confiance dans services de sécurité algériens pour retrouver l’otage français Hervé Gourdel ».

Mais après cet odieux assassinat qui a été fermement dénoncé par les autorités algériennes qui ont quand même déployé 1.500 éléments des troupes de l’ANP suite à l’enlèvement, le Quai d’Orsay veut revenir à ses vieux démons en propageant l’idée d’un « travel warning » comme le font les Américains.

Et même l’Italie imite sa voisine européenne où le ministère des Affaires étrangères met en garde dans un communiqué publié dans son site internet que « la sécurité en Algérie n’est pas garantie à cause de l’instabilité qui règne dans la région du Sahel, qui a connu un moment de grande tension avec l’attaque terroriste contre un site de la Sonatrach- British Petroleum-Statoil, en janvier 2013 à In Aménas ». Pourquoi lier le Sahel à l’Algérie et pourquoi revenir sur l’épisode classé de Tiguentourine ?

Assurément dans la démarche des deux pays il y a des interrogations et un doute sur la politique sécuritaire de l’Algérie en mettant au pas de charge une instabilité politique. Même si les autorités algériennes par voie diplomatique n’ont pas encore riposté à ces attaques, il est urgent peut-être de clarifier les rapports avec ces deux pays qui une fois qu’un de leurs citoyens est enlevé, claironnent dans tous les médias que l’Algérie n’est pas encore stable et la menace terroriste est ainsi disproportionnée. Il convient de rappeler que ces deux pays bénéficient de « largesses » de marché et de facilités pour leurs investissements jamais égalées dans les autres pays.

Le Midi Libre 
 

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