Les experts dressent le bilan, 60 ans après le déclenchement de la révolution

Économie : les promesses non tenues du 1er Novembre


Les experts dressent le bilan, 60 ans après le déclenchement de la révolution
Économie : les promesses non tenues du 1er NovembreLamiri suggère de ne pas faire les mêmes erreurs que dans le passé avec le lancement du plan quinquennal 2015-2019, “un plan de dernière chance”, au risque de voir le pays sombrer dans “le scénario de la déchéance”.

Le Forum des chefs d’entreprise a organisé, mardi dans la soirée, à l’hôtel El-Aurassi, une rencontre-célébration du 60e anniversaire de la Révolution du  1er Novembre  1954,  sous le thème : “Le 1er Novembre : événement fondateur de la République algérienne. Esquisse d’un bilan économique et social.” Omar Ramdane,  un acteur de cette période, est revenu longuement sur les origines du déclenchement de la guerre de Libération nationale, sur les acteurs qui ont marqué cette période importante de notre histoire et sur les événements qui ont façonné l’État algérien indépendant.

Le professeur Mohamed Cherif Belmihoub a indiqué que la guerre pour l’indépendance nationale avait des causes économiques et sociales. Il trouve normal que les Algériens, après l’Indépendance, aspirent à une justice sociale et que l’État, qui naîtra de la guerre d’indépendance, devait porter cet idéal. M. Belmihoub a constaté qu’à l’indépendance, “la justice sociale a constitué une trame fondamentale dans toutes les politiques publiques, allant jusqu’à imposer un modèle d’organisation de la société et des institutions publiques”. Mais chemin faisant, des monopoles politiques et économiques se sont constitués. “Finalement, l’État algérien s’est constitué autour de monopoles générant de l’injustice sociale”, a indiqué le professeur. M. Belmihoub évoque la constitution d’une bureaucratie, derrière la monopolisation des activités par l’État, “qui a anéanti les velléités et qui a remis en cause des choix”. Le professeur affirme que “cet idéal de justice sociale noble, partagé par tous, a été utilisé pour légitimer des choses qui vont produire de l’injustice sociale”. Il a évoqué la mise en place d’alliances contre la démonopolisation. “Toutes les velléités de réformes étaient bloquées en mettant en avant l’argument de la remise en cause de la justice sociale”, a-t-il affirmé. Aujourd’hui, a-t-il noté,  cette justice sociale se dégrade.
Les revenus se concentrent davantage. La campagne est plus dans la misère que la ville. L’État continue de venir au secours de cette justice à travers les dépenses publiques ou les transferts sociaux, directs et indirects qui ont atteint 25% du produit intérieur brut. “Est-ce que c’est la solution ?” s’interroge le professeur qui parle “d’une situation intenable”. Le professeur Abdelhak Lamiri rappelle que l’Algérie, en 1962, avait un PIB de presque 4 milliards de dollars. En 2013, le PIB de l’Algérie, hors hydrocarbures, est évalué à 141 milliards de dollars. La Corée du Sud avait un niveau de développement proche de celui de l’Algérie avec un PIB de 3,4 milliards de dollars. Mais aujourd’hui son PIB a atteint 1 250 milliards de dollars. Le professeur Lamiri a cité quelques bonnes décisions économiques prises ces dernières années. Il estime, par exemple, que le paiement de la dette est “une excellente chose”. Il évoque, également, la création d’un fonds de régulation des recettes.

Qu’est-ce qui a empêché l’Algérie d’être un pays dragon, comme ceux qui ont une croissance de 8% et plus ? M. Lamiri évoque l’excès de centralisation, l’organisation économique peu efficace, l’absence d’une institution cerveau... Le conférencier indique que les pays qui ont une forte croissance, ce sont ceux qui ont financé la mise à niveau des cerveaux, d’abord et puis peu d’infrastructures par la suite. “Nous avons exagéré dans la direction des infrastructures”, a-t-il indiqué.
M. Lamiri suggère de ne pas faire les mêmes erreurs que dans le passé, avec le lancement du plan quinquennal 2015-2019, “un plan de la dernière chance”, au risque de voir le pays sombrer dans “le scénario de la déchéance”. “Si on injecte 262 milliards de dollars dans les infrastructures, on aura peur pour le pays parce que dans une dizaine d’années, on sera 50 millions et on n’aura pas créé cette économie productive”, a-t-il averti, appelant au financement des facteurs-clés de succès.

Liberté  

Agenda

November 2022
M T W T F S S
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 1 2 3 4