Reportage. Sur les lieux du déraillement du train Alger-Thénia

Les passagers du train Alger-Thénia s’en souviendront toute leur vie. A 8h05, quelques minutes après son démarrage de la gare d’Agha, le trains sort subitement des rails et se renverse sur le côté gauche. Sans raison apparente. Une femme a trouvé la mort et plus de 60 blessées sont évacués rapidement à l’hôpital Mustapha. La violence du choc a réduit en tas de ferraille trois wagons, six autres sont en travers de la voie ferrée. La scène de l’accident est apocalyptique. Sur place, un cordon de sécurité   bloque l’accès à la voie où les éléments de la protection civile, aidés par la police et les gendarmes, fouillent les wagons restés en bon état. Des victimes, en état de choc, sont transportées en urgence à l’hôpital.

Emotion

Le corps inerte d’une femme est dégagé.  L’émotion gagne la foule compacte  encore sous le choc de l’accident, le premier du genre pour ce train électrique dont la construction a coûté plus de 400 millions d’euros. Arrivé, sur les lieux rapidement, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, ordonne l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances du drame. D’autres responsables se sont succédés pour constater l’ampleur des dégâts. Les pompiers  s’affairent à inspecter les lieux. Des morceaux de verre et des débris, jonchent la voie. Aucune trace  de sang n’est visible.  Il est pratiquement impossible d’accéder à l’intérieur des wagons fortement endommagés. Avec une échelle, les pompiers scrutent l’intérieur des voitures à la recherche de blessés ou de voyageurs bloqués. Les agents de la SNTF arrivent en renfort.

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« Il faut carrément soulever les wagons », propose un des agents. Les cheminots sont émus. Leurs téléphones n’arrêtent pas de sonner. Des proches à la recherche de nouvelles. « Je vais bien. Non je n’étais pas à bord de ce train mais des amis y étaient », répond un agent à sa maman. « On ne sait pas encore ce qui s’est passé, cela pouvait arriver  à n’importe qui d’entre nous », lâche-t-il. Le temps s’écoule lentement. Des éléments de la police scientifique arrivent sur les lieux pour entamer l’enquête.  « Des corps sont peut être sous les débris. Il vaut mieux ne pas voir cela », prévient un policier.

Deux grues sont mobilisées pour soulever les wagons. L’accès à l’intérieur des voitures endommagées est délicat. Les agents de la SNTF posent des planches en bois sur les rails pour que les grues puissent se rapprocher des wagons. Vers 11h30, une des boites noire du train est retrouvée. Un homme, la soixantaine, tête baissée, arrive. Il s’agit du mari de la seule victime du drame, une femme de 55 ans. Les larmes aux yeux, il accède sur les lieux du drame, pour en ressortir quelques minutes après. « Il voulait juste voir comment sa femme était morte », explique un policier. L’accident a provoqué l’arrêt total du trafic ferroviaire à partir d’Alger. Les causes du déraillement restent inconnues. Des policiers sur place ont évoqué l’excès de vitesse, mais l’enquête de la SNTF vient de commencer.

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