Il a été transféré en urgence dans un hôpital de grenoble

Bouteflika admis au service cardiologie

L’information a fait, hier, le tour des rédaction et le buzz sur les réseaux sociaux. Selon Le Dauphiné Libéré, «le président algérien Abdelaziz Bouteflika est hospitalisé dans une clinique de Grenoble». «Selon nos informations, affirme la même source, M. Bouteflika a été admis en milieu de semaine à la clinique d’Alembert, qui fait partie du Groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble.»

Le GHM de Grenoble est un établissement privé à but non lucratif participant au service public hospitalier. Le journal dit «ignorer la pathologie pour laquelle a été admis le président algérien», mais croit savoir qu’«un étage entier de la clinique a été réservé à son usage, très probablement pour des raisons de sécurité». «Une compagnie de CRS était déployée autour du bâtiment et dans le quartier», a constaté un photographe du Dauphiné Libéré. «Nous n’avons rien à dire sur aucun patient», a déclaré un responsable de l’établissement au journaliste.
L’information a circulé comme une traînée de poudre.

C’est l’agence Reuters de Lyon qui l’a reprise en premier et l’a confirmée auprès d’une source policière. Dans une dépêche mise en ligne à 16h47, l’agence affirme que «le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, a été admis jeudi dans une clinique de Grenoble». Relayée par Europe1 puis France Info, la nouvelle alerte également la rédaction du Figaro qui a tenté d’en vérifier la véracité auprès d’une source proche de la présidence algérienne, qui a démenti l’hospitalisation du chef de l’Etat en France. Un peu plus tard, toute la presse française traitait le sujet en citant des sources policières.

Le Dauphiné Libéré, qui a révélé l’information, revient à 17h25 et dit avoir obtenu, auprès de sources concordantes, confirmation que Abdelaziz Bouteflika a été admis jeudi au GHM. Selon lui, «des renforts de police sont (aussitôt) arrivés devant la clinique et des barrières métalliques ont été mises en place pour constituer un périmètre inaccessible au public et aux journalistes». A 18h, le journal régional dévoile le motif de l’hospitalisation : le chef de l’Etat algérien a été «admis au service de cardiologie de l’hôpital de Grenoble». La Présidence algérienne, qu’il a contactée, promet un communiqué dans la soirée.

Alors que l’opinion attendait que les autorités nationales communiquent sur l’évacuation du chef de l’Etat, c’est le gouvernement français qui confirme à l’AFP l’information : le président Bouteflika a bel et bien été admis au GHM, dont le service cardiologie et maladies vasculaires est dirigé par des médecins transférés du Val-de-Grâce depuis la fermeture de ce dernier. D’après l’AFP qui cite une source proche du dossier, le président algérien serait arrivé discrètement, jeudi, à Grenoble, par avion. Le président Bouteflika avait été, faut-il le rappeler, évacué en urgence, le 27 avril 2013, après un accident vasculaire cérébral (AVC) à l’hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce.

Il y a séjourné pendant trois mois avant de rentrer au pays le 16 juillet 2013, sur un fauteuil roulant. Diminué, il y retourne bien évidemment pour des contrôles médicaux. Malgré une santé chancelante, il présente sa candidature pour un quatrième mandat à la présidence de la République le 17 avril dernier malgré une vive polémique sur ses capacités à gérer les affaires de l’Etat.

D’ailleurs, des pans de la classe politique et des personnalités nationales avaient demandé l’application de la procédure d’impeachment prévue par l’article 88 de la Constitution. Depuis quelque temps, l’opposition insiste sur la vacance du pouvoir. Pour prouver qu’il est toujours capable d’exercer ses fonctions, il multiplie son activité protocolaire, recevant des ambassadeurs leurs lettres d’accréditation et rencontrant les responsables étrangers en visite de travail en Algérie. Le dernier en date est le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. A l’heure où nous mettons sous presse, la Présidence n’a toujours pas rendu public son communiqué et l’Algérie officielle ne dit rien sur l’évacuation du Président au GHM de Grenoble.

Said Rabia

El Watan

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