La station-service de 1er Mai demeure fermée

La famille du colonel Ouamrane crie à l’injustice

Plus de 22 ans après la disparition du colonel Amar Ouamrane, la famille de ce grand dirigeant de la Révolution algérienne vit aujourd’hui avec un sentiment d’incompréhension, voire de mépris.

Le fils de ce moudjahid de la première heure, Anys-Idir, risque de perdre la station-service que lui a léguée sa mère, vieille et fatiguée. Lorsqu’il s’est déplacé à notre rédaction, ce jeune homme, calme mais déterminé, est presque gêné de se revendiquer comme l’héritier d’un grand homme que fut Ouamrane. «Mon père n’a fait que son devoir», dit Idir.

Mais si le père, monté au maquis en compagnie de Krim Belkacem en 1947 n’est plus là, le sort que les autorités algériennes réservent à la famille n’est pas à la hauteur du sacrifice consenti. «Alors que ma mère m’a fait don du fonds de commerce de la station-service située à la Place du 1er Mai, les responsables de Naftal ont tout fait pour nous bloquer», raconte Idir Ouamrane. Pourquoi ?

«Je n’en sais rien», répond-t-il. Il sait juste que lorsqu’il s’est présenté en compagnie de sa mère à la direction régionale de Naftal à Chéraga, il a vu un des responsables vociférer sans raison apparente : «Si ce n’était votre père, cette station ne vous sera pas accordée. Elle est la propriété de Naftal !» lui dit-il. Pourtant, poursuit Idir Ouamrane, «personne n’a dit le contraire».

Qui en veut à Ouamrane ?

Une fois le problème administratif réglé, Idir Ouamrane fait face à un nouveau blocage. La direction de Naftal exige du gérant de payer la somme de plus de 4 millions de DA de loyer annuel. C’est l’équivalent de 68 DA l’hectolitre de carburant. Pourtant, la compagnie n’en demande que 18 DA à un autre opérateur. Une information vérifiée par des documents en notre possession. Et la direction de Naftal que nous avons contactée n’a pas répondu.

En attendant, la station demeure fermée et les requêtes envoyées par Ouamrane restent sans suite. Au-delà de cette affaire de station, le fils Ouamrane se pose la question de savoir s’il n’y a pas une volonté de s’en prendre au symbole de la Révolution que fut Amar Ouamrane ?
Et les raisons de croire à cette thèse ne manquent pas. Puisque 22 ans après la disparition de l’une des figures les plus marquantes de la révolution de Novembre, aucune place publique, ni rue ne porte son nom, à l’exception d’un lotissement situé dans la commune de Dar El Beida, à Alger.

Pis, un maire s’est même permis d’enlever le nom de Ouamrane d’une place publique à Ouled Fayet. Une tentative de baptiser une placette au centre-ville d’Alger a également échoué. Très réservé, le fils Ouamrane n’a pourtant pas de réponse à ses questionnements. Mais il dit chercher à comprendre pourquoi des «gens qui n’ont rien fait pour ce pays veulent toucher à un symbole de la Révolution ?» La question demeure posée !

El Watan 

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