Mesures d’austérité : La facture sera lourde pour les citoyens

 Après des années d’opulence et de gabegie ostentatoire, l’Algérie est rattrapée par la dèche et le temps des vaches maigres.Une crise qui appelle l’austérité. Après des années d’opulence et de gabegie ostentatoire, l’Algérie est rattrapée par la dèche et le temps des vaches maigres. C’est un fait ! Et l’avenir reste encore incertain.

Cette situation oblige le gouvernement à passer, sans attendre, aux coupes budgétaires, tout en gérant la situation au jour le jour. En effet, l’Exécutif est réduit, subitement, à scruter les marchés internationaux des hydrocarbures, unique source de recette du pays, dans un climat de grisaille qui commence à noircir tous les horizons. «Nous allons évaluer la situation chaque trois mois», assurait, mercredi dernier, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Le gouvernement, entre-temps, est déjà passé à l’action en lançant les premières mesures visant à réaliser des économies sur les dépenses du fonctionnement de l’Etat.

Des décisions «radicales» ont été annoncées, dès jeudi dernier, à travers une instruction adressée par Abdelmalek Sellal aux membres de son gouvernement, aux walis et aux directeurs généraux de la Fonction publique. Mais qui paiera la facture de cette politique d’austérité ? Le premier responsable du gouvernement tente d’anticiper sur la réponse en assurant que «les transferts sociaux et les subventions des produits alimentaires de base seront maintenus». Jusqu’à quand ? L’Exécutif reste vague sur ce sujet et refuse d’être plus clair sur sa politique sociale. «Il est hors de question d’abandonner la politique sociale de l’Etat, pour l’instant», précise le ministre du Commerce, Amara Benyounès, dans une interview accordée hier au journal électronique, TSA.

Cette déclaration intrigue. Amara Benyounès laisse entendre, en effet, qu’il est possible d’abandonner cette politique sociale qui permet au pouvoir d’acheter, jusque-là, la paix sociale. Cela laisse penser aussi qu’il y a beaucoup de non-dits dans les décisions annoncées par le gouvernement. Il est vrai que la dernière circulaire du Premier ministre n’évoque pas explicitement le licenciement en masse des fonctionnaires, le gel des salaires, la fermeture des entreprises… mais les souvenirs de l’ajustement structurel sont toujours intacts et les horizons commencent déjà à s’assombrir pour le citoyen. Comme durant les années 1990, le citoyen est aussi appelé à subir les conséquences d’une politique économique hasardeuse qui aura duré plus de 15 ans. D’ailleurs, une préparation psychologique de l’opinion commence. Abdelmalek Sellal l’appelle «à faire de 2015 une année de la solidarité».

Cela signifie que les citoyens, notamment les fonctionnaires, doivent aussi assumer une part des effets de la crise. Le gel des recrutements dans la Fonction publique, principal employeur en Algérie avec près de 2 millions de salariés, et le blocage de toute augmentation des salaires sont, effectivement, les premières conséquences directes des coupes budgétaires décidées. C’est déjà la fin de l’espoir pour des milliers de jeunes qui sortiront des universités durant les prochaines années. L’impact de la crise sera, sans nul doute, concrétisé par une éventuelle suppression des subventions sur les produits de base, l’électricité et de l’eau. La crise pourrait être ressentie aussi après une révision à la hausse des prix des carburants et l’augmentation, qui n’est pas à écarter, des impôts et des taxes. Dans ce cas, ce sont encore les citoyens qui paieront les coûts…

Madjid Makedhi

El Watan   

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