Le cortège présidentiel cible d’un attentat à Batna

A l’occasion d’une visite de travail et d’inspection

  La Dépêche de Kabylie 08/09/2007

Le cortège présidentiel cible d’un attentat à BatnaVenant de Oum El-Bouaghi où le président Abdelaziz Bouteflika venait d'achever sa visite par l'inauguration de projets relevant, notamment, du secteur de l'hydraulique et celui de l'enseignement supérieur, les bus qui transportaient les journalistes ainsi que le cortège présidentiel étaient déjà en route pour Batna, pour une tournée de travail et d’inspection. 17 h10, le premier bus transportant les journalistes a franchi le seuil de la ville.

Un accueil populaire grandiose était en place pour l’hôte des Aurès. La foule trépignait d’impatience dans l’attente du cortège officiel qui ramenait le président de la République sur les terres de Ben Boulaïd. Abdelaziz Bouteflika venait pour inaugurer des projets hydrauliques dans la région de l'Est du pays.
Devant une foule nombreuse, déchainée, investissant le moindre espace de la rue que devait emprunter le cortège officiel, les agents de l'ordre semblaient bien peu nombreux pour contenir tant d’enthousiasme, tant de furie. Les remarques fusaient de partout : " les services de l'ordre sont dépassés par la foule", disait une confrère. "Je pense qu'il y a des émeutes ", lui rétorqua un autre.

Au niveau du boulevard Larbi-Tebessi, les choses commençaient à s'éclaircir et les raisons du déchaînement général ont été élucidées. "Il vient d'y avoir une explosion", nous a indiqué un vieillard qui s’exprimait péniblement.
A quelques mètres de là, le mouvement de panique que nous avons aperçu de loin était en effet consécutif à l’explosion d’une bombe au milieu même de la foule, à proximité de la mosquée " El Atik" Tahar-Messaoudi, donnant sur le rond-point que devait emprunter la délégation présidentielle.
Sur le lieu de l'attentat, des corps calcinés ou déchiquetés, baignant dans des mares de sang jonchaient le boulevard. Les ambulances mobilisées pour la circonstance et les fourgons des pompiers étaient vite submergés par le nombre impressionnant de victimes. Certains blessés ont été transportés par des particuliers qui ont prêté main-forte aux agents de la Protection civile dépassés par l'ampleur des évènements, et surtout, la folie qui s'en est suivie.

Selon des propos recueillis sur place, un jeune, ne dépassant pas 25 ans, vêtu d’une chemise rouge et de jeans, tenant entre les mains un sachet noir, a attiré l’attention et la suspicion de quelques jeunes qui ont, rapidement alertés un policier. Ce dernier a vraisemblablement tenté d'intervenir. Pris de panique, selon les témoins, le jeune homme aurait perdu le contrôle de l’engin explosif qui serait tombé et a explosé au milieu de la foule. Une autre version rapporte que le jeune serait un kamikaze. Il aurait jeté la bombe sur la foule après s’être aperçu qu'il avait été repéré par des citoyens et un policier.
L'engin explosif était de fabrication artisanale. Des femmes, des hommes, des enfants et des vieillards sont comptabilisés parmi les victimes. Des dégâts ont été, par ailleurs, causés aux murs de la mosquée et aux immeubles avoisinants.

"l'Algérie n'est pas à l'abri d'autres attentats terroristes"

Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur, a, dans un point de presse animé dans la soirée au siège de la wilaya, fourni quelques indications sur les circonstances de l'explosion, confirmant en grande partie celles recueillies par la presse sur les lieux de l'attentat. Le ministre a ainsi indiqué "qu'un individu suspect qui se trouvait dans la foule a tenté de déborder le cordon de sécurité. Repéré par un agent de l'ordre, cet individu a pris la fuite immédiatement après l'explosion", a encore ajouté le ministre de l'Intérieur. Par ailleurs, M. Zerhouni n'a pas exclu que cet attentat pouvait être un action kamikaze. Selon le même orateur, "toutes les lectures vont êtres prises au sérieux".

Apostrophé sur le nombre de terroristes qui seraient, toujours, en activité, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur a estimé qu’ils seraient "  moins de 700 ", sans toutefois préciser le nombre exact. Yazid Zerhouni a ajouté que "deux policiers et quatre gardes forestiers étaient parmi les blessés sont à déplorer". Sur un autre volet, Zerhouni a estimé que notre "pays n'est pas à l'abri d'autres attentats terroristes" et d'ajouter "qu'il y'a eu des tentatives dans ce sens dans toutes les wilayas du pays". D'autre part, le ministre de l'Intérieur a souligné que cet attentat "est contraire aux aspirations du peuple algérien". Interrogé sur le pourquoi du recours des terroristes aux bombes, Yazid Zerhouni a indiqué que ce genre d'attentats "prouvent que les terroristes s'essoufflent et que la bombe est le plus simple des actes terroristes".

A noter en outre que le président de la République s'est rendu au chevet des victimes à l'hôpital de la ville et sur les lieux de l'attentat.

Le Président Bouteflika, s’adressant aux blessés a vivement condamné l’attentat et a fustigé les criminels qui "tentent de saboter le processus de paix et de réconciliation nationale". S'adressant aux Moudjahidine de Batna, le chef de l'Etat a déclaré que "ces attentats, n'ont, absolument rien à voir avec les valeurs de l'Islam". Le premier magistrat du pays a réaffirmé avec force, que la réconciliation nationale "était un choix stratégique, et que le peuple algérien en a fait un choix irréversible". D’autre part, le président de la République a pris part, hier, à la prière aux morts tenue à la mosquée du 1er-Novembre de la capitale des Aurès.
 

par Mohamed Mouloudj

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