Algérie: attentat-suicide contre une caserne, 28 morts au moins

AFP

DELLYS (AFP) - Une attaque-suicide a fait samedi 28 morts, dont la plupart des garde-côtes de la marine de guerre algérienne, et une soixantaine de blessés à Dellys, petit port de Kabylie, à 70 km à l'est d'Alger, selon un bilan provisoire de sources hospitalières.

Il s'agit de l'un des attentats les plus meurtriers survenus en Algérie ces derniers mois.

Le bilan risque de s'aggraver lourdement, selon un officier de la protection civile. Plusieurs civils, notamment des travailleurs du port, figurent parmi les blessés.

Le chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, a affirmé samedi que le terrorisme islamiste était "en déclin" en Algérie, car les auteurs d'attentats "n'ont pas réussi, depuis dix sept ans, et ne réussiront jamais dans leur besogne désespérée de frapper la stabilité du pays".

M. Belkhadem a estimé que l'attentat de Dellys était "une tentative de parasiter la politique de réconciliation nationale de la part de ceux qui se sont détournés du droit chemin", dans une référence aux islamistes armés ayant refusé de se rendre dans le cadre de la politique de réconciliation nationale du président Abdelaziz Bouteflika.

Le kamikaze était à bord d'une fourgonnette bourrée d'explosifs, selon les premiers témoignages recueillis par l'AFP. Son identité et son appartenance politique ne sont pas connues.

L'attentat n'avait pas été revendiqué samedi en début d'après-midi.

Le kamikaze visait une caserne des garde-côtes de la marine algérienne. Il a défoncé une porte d'entrée à l'arrière de la caserne et a pénétré à une vingtaine de mètres à l'intérieur, selon des témoins.

La fourgonnette, immatriculée dans le département d'Alger, servait à l'approvisionnement de la caserne. Le livreur habituel avait été enlevé peu avant l'attentat et remplacé par le kamikaze, selon les premiers éléments de l'enquête.

Le fourgon a explosé à l'intérieur de caserne composé de chalets en préfabriqué, dont la plupart ont été éventrés par la puissance du souffle de la déflagration. Des débris de bois, de ferraille et de béton jonchaient le port sur plusieurs centaines de mètres. Des vêtements et des valises ont été projetés sur les poteaux électriques et les barrières du port.

Une noria d'ambulances et d'hélicoptères était visible à partir des lieux de l'attentat.

Le port a été bouclé et un cordon de policiers antiterroristes y a été déployé. Les forces de sécurité ont pris position dans la ville, alors que la population consternée tentait de s'informer auprès de policiers nerveux.

La région de Dellys, en Kabylie, avait été le théâtre de plusieurs attaques islamistes ces dernières années.

Adossée à la montagne de Sidi Ali Bounab, connue pour sa forêt touffue, elle est considérée comme un fief des islamistes depuis le début des violences en 1990 en Algérie.

Cette attaque à la voiture piégée intervient au surlendemain d'un attentat-suicide visant le cortège du président Abdelaziz Bouteflika à Batna (est de l'Algérie), qui a fait 22 morts et plus de 100 blessés, et à quelques jour du début du ramadan (jeûne musulman) propice au jihad, selon les islamistes.

Plusieurs attentats kamikazes ont eu lieu depuis le 11 avril en Algérie. Deux attaques simultanées à la voiture piégée avaient visé le palais du gouvernement (centre d'Alger) et un commissariat, faisant au moins 30 morts et plus de 200 blessés, selon un bilan officiel.

A Lakhdaria (ancienne Palestro, 70 km à l'est d'Alger), une caserne de l'armée avait été le 11 juillet la cible d'un kamikaze à bord d'un véhicule frigorifique piégé. L'attaque avait fait 10 morts et 35 blessés parmi les militaires.

Les attentats d'Alger et de Lakhdaria avaient été revendiqué par la Branche d'Al-Qaïda au Maghreb (ex-GSPC algérien), affiliée à la nébuleuse d'Oussama ben Laden et dirigé par Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossab Abdelouadoud.

Selon les experts algériens de l'antiterrorisme, ce groupe aurait constitué une brigade de kamikazes parmi les jeunes recrues du maquis, dont le fils d'Ali Belhadj, ancien numéro deux du Front islamique du salut (FIS, dissous), Abdel Qahar Belhadj, âge de 20 ans.

Les autorités, qui redoutent la multiplication de ces attaques-suicides, contre lesquelles elles cherchent en vain une parade, ont durci le ton contre les islamistes armés.  

par AFP

Agenda

May 2022
M T W T F S S
25 26 27 28 29 30 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31 1 2 3 4 5