Enième atteinte aux droits des Amazighs du Maroc

 Mohamed VI s’acharne contre les militants berbères

La dépêche de Kabylie 24/01/2008 Enième atteinte aux droits des Amazighs du Maroc

“Qui cherche l'injustice n'a pas besoin de lampe ", disait Lichtenberg. Au pays de la monarchie alaouite, l’injustice, la répression et toutes sortes d’atteintes aux droits des Amazighs ne se cherchent pas, elles sont omniprésentes.


Elles sont pratiquées, systématiquement, par la police du Makhzen depuis des lustres. Alors qu’on croyait que le successeur de Hassan II au trône aller adoucir les pratiques peu honorables léguées par son défunt père, Mohamed VI s’acharne d’avantage contre les militants berbéristes marocains. Après la tentative de faire diversion avec le fameux Institut royal de langue et culture amazighs, une institution officielle inféodée au royaume, voilà sa majesté le roi qui actionne " sa justice " contre des manifestants amazighs à Boumalne Dadès.

La série de répression contre les militants démocrates amazighs n’est pas prête de s’estomper. Ainsi et suite à une manifestation pacifiques, contre l’isolement, la marginalisation et pour les droits naturels des Amazighs au Maroc, " des dizaines de citoyens Marocains ont été arrêtés arbitrairement par les forces policières ", lit-on dans un communiqué du Comité de soutien aux détenus politiques de Boumalne Dadès.

Ces arrestations abusives, " ont ciblé toutes les catégories sociales de la population locales (simples citoyens sympathisants de la cause berbère, membre de la Coordination Ait Ghighouch, membres du Mouvement culturel berbère…), indique encore le comité qui s’est constitué juste après les événements.

La force et la hargne avec lesquelles les services du Makhzen sont intervenus, avec un bilan de plusieurs blessés, renseigne sur les intentions contraires aux droits de l’Homme, aux conventions internationales protégeant les droits des peuples autochtones, déjà en vigueur depuis l’an passé.

Le comité de soutien aux détenus politique amazighs du Maroc considère que " ces attaques inhumaines comme contraire aux droits de l’Homme et terriblement injustes, parce que ces arrestations sont illégitimes et infondées ". Il ajoute que, " nous avons créée un comité de soutien aux détenus politiques de Boumalne Dadès le 6 janvier 2008, dans la commune. Car, évidemment, ce ne sont pas de simples prisonniers mais des militants berbères protestant contre l’attitude raciste du régime marocain. Ce soulèvement noir a choqué la population qu’on a tenté, vainement, d’intimider."

Selon le même communiqué, l’objectif de ces arrestations est très clair : " Faire taire tous les contestataires et voix libres qui ont décidé de se battre pour leur dignité et revendiquer leurs droits les plus légitimes, et en premier lieu, l’officialisation de leur existence.
" A titre d’informations, les Berbères, autochtones du pays, n’existent pas officiellement étant donné que, selon la Constitution marocaine, " le Maroc est un pays arabe " faisant partie du " Grand Maghreb arabe " et dont " la langue officielle est l’arabe ".

" Les manifestations de Boumalne Dadès ont été, on ne peut plus pacifiques, mais les autorités, comme à leur habitude, ont voulu les faire passer pour des terroristes et séparatistes ", tiennent à souligner les membres du comité. Ils ajoutent que " les services secrets marocains ont réussi à pénétrer au sein des manifestants afin de brûler le drapeau marocain officiel et faire passer les gens de Boumalne pour des extrémistes séparatistes. " Une si ancienne méthode usitée à travers le temps par les pouvoirs anti-amazighs qui sévissent, encore contre le fait amazigh dans sa propre terre.

Le comité par sa déclaration lance un appel au Makhzen et sa police. Il leur fait comprendre que les Berbères " sont marocains à 100% (contrairement au makhzen qui est étranger) mais ne se reconnaîtront jamais dans ce Maroc officiel : un Maroc réduit à l’arabité ".
Ils rappellent que " les Berbères, Amazighs, sont ceux qui se sont sacrifiés pour leur terre, au cours de l’Histoire et n’ont de leçon à recevoir de personne. Sûrement pas du régime marocain qui est, lui, séparatiste et ethniciste, cherchant de manière permanente à diviser le peuple marocain. Brûler le drapeau marocain est une tradition, chez les services secrets marocains, pour légitimer l’incarcération des détenus politiques amazighs. Ce genre de fumisterie ne saurait rabaisser la volonté des Amazighs de continuer à lutter pour leurs droits ! ", promet, par ailleurs le comité.

En dernier lieu, le comité lance un appel à toutes les personnes sensibles aux droits de l’Homme, à la dignité humaine et à la diversité culturelle, à toutes les organisations défendant réellement les droits de l’Homme, à tous les combattants de l’injustice, du racisme et pour l’égalité; " pour signer la pétition de soutien et afin d’obtenir la libération immédiate de tous les détenus politiques de Boumalne Dadès, sans exception ".

Avec cette énième atteinte aux droits des Amazighs du Maroc, la communauté internationale, les militants des droits de l’Homme, les personnalités politiques ainsi que tous les Amazighs du monde entier sont interpellés afin de venir en aide à nos frères amazighs du Maroc pour qu’ils vivre dans la dignité et le respect de leur origine.
 

par Mohamed Mouloudj

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