Dans les bras d’El Bahia

Un week-end à Oran

  La Dépêche de Kabylie 11/09/2007

Dans les bras d’El BahiaAomar Mohellebi d’Oran

Il est 22 heures en ce vendredi 7 septembre. Des familles et des couples affluent encore vers les terrasses des cafétérias, situées sur le Front de mer. Oran rayonne jour et nuit. Trop de bruits certes mais pour un week-end ou pour des vacances de deux semaines, El Bahia est fort indiquée. Sauf qu’il existe un autre problème : l’insécurité. A 17 heures, une femme se fait arracher sa chaîne en or. Elle lance un cri et coure dans le vain espoir de rattraper les voleurs. Ces derniers cavalent plus vite que leur ombre.

 

Deux jeunes, qui connaissent sans doute la victime, foncent dans leur voiture et démarrent en trombe. Des clients sortent des cafés pour observer le spectacle. La scène, digne d’un film policier, se déroule au boulevard Larbi Ben M’hidi, l’équivalent de la Grand Rue de Tizi Ouzou. Ces vols à la sauvette sont légion, affirme le garçon de café, étonné devant notre ébahissement suite à ce qui vient de se dérouler sous nos yeux.

Juste après, la vie continue de plus belle. Car, ici la vie commence à partir de dix-sept heures. Le matin, les magasins ne s’ouvrent qu’après neuf heures. L’attentat de Batna n’est presque pas commenté. Pourtant, tous les cafés sont branchés à la chaîne El Djazira où l’information est retransmise plusieurs fois. Comme au Maroc, des jeunes vendent des figues de Barbarie à consommer sur place au Boulevard Khemisti. A côté de l’accent oranais, le kabyle est entendu un peu partout. Après l’oranais, le kabyle est la deuxième langue ici. La majorité des Kabyles établis à Oran sont originaires de la wilaya de Bgayet. D’autres proviennent de Bordj Bou Arréridj à l’image du propriétaire du petit restaurant populaire Le Dairi, situé au boulevard Charlemagne. Ce dernier donne sur l’immense Cathédrale d’Oran. Très esthétique mais dont l’usage est loin d’être ce qui convient le mieux à un tel joyau architectural. A l’intérieur, une exposition de livres attend d’hypothétiques visiteurs. Tous les ouvrages exposés sont en arabe. La majorité est constituée de livres religieux. Deux hommes sillonnent les rayons sans aucune intention d’acheter. Le vendeur se morfond devant sa solitude.

A côté de la Cathédrale, un vendeur de vieux livres réunit plus de monde. Il propose des ouvrages beaucoup plus intéressants dont certains sont dans un état qui laisse à désirer. C’est Moussa qui est le bouquiniste le plus connu à Oran. Un Kabyle originaire de Béjaïa. Il occupe un espace en plein air au boulevard Emir Abd El-Kader. Il vend des livres depuis trente-sept ans. Lorsque nous lui suggérons de rédiger un portrait sur lui, il nous interroge si notre journal se vend à Bougie. Nostalgie. Au moment de notre passage, le peu de librairies qui existe en ville est fermé. Y compris la plus importante, celle située sur le Front de mer. A Oran, on s’intéresse plus au raï, un genre musical qui reste étrangement indétrônable. On l’écoute partout.  

par A.M.

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