Amère réalité


Beaucoup d’Algériens sont donc encore pauvres dans un pays riche. Amère réalité qui étonne autant qu’elle désole.

Le “couffin du Ramadhan” est un bel euphémisme exploité jusqu’à l’usure par les responsables, à chaque mois sacré du jeûne. Ce qui l’est moins et néanmoins révélateur reste ce chiffre, à donner le tournis, du nombre d’Algériens en situation de nécessiteux, pour ne pas dire pauvres.

Les chiffres annoncés, hier par le ministre de la Solidarité, sont éloquents : trois milliards de dinars pour l’opération Solidarité Ramadhan et 6,3 millions de couffins à distribuer. Beaucoup d’Algériens sont donc encore pauvres dans un pays riche. Amère réalité qui étonne autant qu’elle désole. Ces chiffres s’ils sont fiables nous donnent, par déduction, un état alarmant. Les couches moyennes disparaissent, alors qu’augmentent les catégories défavorisées.
C’est à se demander d’où vient cet engouement pour le crédit à la consommation que les rédacteurs de la loi de finances complémentaire ont décidé de contrer. Avec des emprunts de 3,5 milliards de dollars l’an, dont 1 milliard pour la seule automobile, et devant l’avancée de la pauvreté, on peut légitimement craindre les effets d’un surendettement des ménages nationaux.
Plus prosaïque question : comment expliquer qu’ils s’endettent autant, alors qu’on les voit se bousculer devant les restos de la rahma et s’inscrire auprès des services sociaux des mairies pour ces fameux couffins ?
Si nécessité fait loi, il y a sûrement aussi matière à une étude de comportement dans ce rapport aux activités sociales et de solidarité de l’État.
Il est vrai que le mois sacré du Ramadhan pousse aux actions de bienfaisance et caritatives, mais il est vrai aussi que l’état n’a pas pour mission de se placer en bienfaiteur un mois sur douze. Son rôle est de créer des richesses, dont la plus importante est l’emploi, et non le couffin.

LIBERTÉ


Agenda

November 2022
M T W T F S S
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 1 2 3 4